lundi 17 mai 2010

Je suis fourbu. La randonnée a été épuisante mais tellement belle. Pour cette édition, le responsable avait choisi un petit hameau totalement abandonné, perdu au coeur d'un vallon. Un groupe de 5 maisons réunies autour d'une petite église ravissante. Sur la voûte du choeur, deux anges bleus, dont les couleurs passées donnaient un petit air pastel à la peinture, entourant le corps glorieux du Christ, apaisé, triomphant. Martine et moi avons longuement contemplé cette belle fresque qui mériterait une bonne restauration, mais à qui la vétusté donne tout son charme. Nous avons pique-niqué dans ce hameau désert qui a dû, en son temps être très vivant.

Mon fils est arrivé sur le sol européen ce matin, vers 6h. Il était dans un aéroport allemand et il m'a parlé une bonne demi-heure en attendant une correspondance. Ce voyage l'a bouleversé. Deux photos intéressent déjà une agence de presse allemande qui a offert de payer une somme exorbitante. Tout va très vite dans ce métier où il s'agit d'être le premier sur le terrain, le premier à proposer un article ou des photos. Mon fils, cependant, se pose des questions d'ordre éthique quant à son reportage. Il veut m'en parler, me montrer les images.

mercredi 12 mai 2010

Mon plus jeune fils est finalement parti en reportage lundi. J'ai eu de ses nouvelles ce matin. Il doit rentrer en début de semaine prochaine. Je ne suis pas inquiet, mais je ne suis pas non plus tranquille. D'habitude, quand il part en reportage, je n'ai aucune crainte, mais cette fois, il s'agit d'un pays particulièrement tourmenté.

Mon fils aîné m'a fait part de la réaction de mon ex-femme à l'annonce de l'arrivée de Martine dans ma vie. Elle a pleuré un peu, regrettant de m'avoir quitté trop vite pour cet homme qui lui a fait tant de mal par la suite. J'ai décidé de lui téléphoner. Nous avons parlé un peu. Elle était froide et distante.

Je me sens parfaitement bien dans ma relation avec Martine, même si il est difficile de se donner entièrement après un long mariage, un divorce traumatisant et une période de solitude que l'on pensait éternelle. Il y a en moi de la prudence, peut-être trop. Martine ne m'en parle jamais, mais j'imagine que cela l'interroge. Je ne pensais pas ressentir de nouveau de l'amour aussi fort pour une femme, même si je le désirais.

Ce week-end, nous avons prévu une randonnée en montagne avec le groupe de marche. Le responsable du groupe organise des parcours qui ont pour but un bâtiment exceptionnel, généralement très ancien, caché, perdu dans la nature. Jacques sera avec nous. De beaux moments en perspective.

lundi 3 mai 2010

Le printemps a-t'il déjà été aussi beau ? Il y a alternance de pluies, parfois violentes mais courtes et de soleils tièdes. Je regarde la végétation changer. Près de l'étang il y a les deux lilas, le blanc et le mauve dont Martine fait d'énormes bouquets pour la maison. Elle en apporte aussi chez elle, même si elle passe beaucoup de temps avec moi, ici, au bord de l'eau. Son travail l'oblige à parcourir de nombreux kilomètres tous les jours et je m'inquiète de la fatigue qui pourrait en découler.

Mon plus jeune fils m'inquiète. Professionnellement, il est parfaitement accompli, ce qui est une grande satisfaction compte tenu de son parcours scolaire chaotique. Dans sa vie personnelle, en revanche, il semble malheureux, passant de relations insatisfaisantes en relations empoisonnées. Il vient d'accepter un reportage à haut risque, dans une région tourmentée et cela ressemble à une fuite en avant. Il y a une seule personne qui pourrait l'en dissuader, parce que cet ami a une influence très bénéfique sur lui, mais il refuse de s'en mêler, ce que je comprends très bien du reste. Un être humain doit accomplir son destin, quel qu'il soit, cet être fut-il notre fils bien aimé dont on craint pour la vie. Je remets son sort entre les Mains de Dieu, Notre Seigneur. Je Lui ai toujours fait confiance et Il ne m'a jamais déçu.

mardi 30 mars 2010

Je profite de l'absence de mes enfants pour ouvrir un peu l'ordinateur. Claire se réveille presque aussi tôt que moi et je m'occupe d'elle avant que ses parents ne se réveillent. Ils profitent ainsi de vraies vacances et font de belles matinées bien grasses. J'aime ce moment de la matinée. Après ma séance de yoga, je lui prépare son petit-déjeuner et nous mangeons tous les deux dans la cuisine. Je lui raconte des histoires et parfois elle rit. Parfois, elle me dit quelques mots. Certains sont parfaitement compréhensibles, d'autres, surtout quand elle essaie de faire une phrase, sont plus obscures, mais nous nous comprenons autrement.

Mon ami Jacques m'a téléphoné pour m'annoncer que l'examen médical principal s'est très bien passé et que celui qu'il doit encore subir n'est qu'une routine. Fausse alerte donc.

Demain, en fin de matinée, je dois prendre un café chez l'ancien prêtre de la paroisse. Je l'avais rencontré à l'église où il vient parfois prier, il y a de cela quelques temps. Je l'ai parfois ramené en voiture chez lui et nous avons sympathisé. Il a quitté la prêtrise pour des raisons très personnelles. C'est un homme taciturne, mais cela me plaît. Nous parlons très peu. La dernière fois, chez lui, nous avons même passé un long moment à regarder par la fenêtre en sirotant notre café. Parfois, il commentait le passage d'un oiseau sur le cerisier ou la couleur du ciel. Ce sont des moments rares. Notre époque a perdu la notion du silence. C'est dommage. Il faut parler, parler, dire dire, toujours plus. On finit par vider les mots de leur sens, par disperser les pensées aux quatre vents.

Mes enfants vont bientôt rentrer de leurs courses. Ce soir, c'est ma belle-fille qui cuisine. On m'a promis un plat exotique et spectaculaire. Nous dînerons après le bain de Claire. Ensuite, alors que ma délicieuse belle-fille lira le journal dans un fauteuil, nous commencerons, mon fils et moi, une longue partie d'échecs. C'est le rituel.

samedi 27 mars 2010

Mon fils aîné est arrivé hier avec ma délicieuse belle-fille et ma petite Claire. Ils vont rester avec moi jusqu'à mardi prochain. Je suis fou de joie. Le week end prochain, nous fêterons Pâques tous ensemble. Il plane encore une incertitude concernant mon plus jeune fils, mais ce qui est certain, c'est que Martine sera là. C'est la première fois que mon fils aîné la rencontrera. Oui, nous avons tous le trac, mon fils, Martine et moi. Je croise les doigts pour que tout se passe bien. Martine tient absolument à préparer le repas pour tout le monde. Je lui laisse donc "carte blanche".

Je suis un peu inquiet pour mon ami Jacques qui doit passer des examens cette semaine. Il m'a paru inquiet au téléphone et fuyant alors que je lui demandais des précisions. J'ai l'impression qu'il ne veut pas dire tout ce qu'il sait déjà, ou ce qu'il sent déjà. Jacques est mon plus vieil ami, le plus solide aussi. Et comme nous sommes différents pourtant ! Le perdre serait un vrai drame, mais en même temps, à nos âges, il faut s'attendre à tout.

L'université italienne m'a envoyé une lettre très flatteuse dans laquelle on me demande d'animer le même séminaire, l'année prochaine. Aussi fécond fut-il, je ne suis pas sûr de vouloir vraiment refaire un semestre comme celui qui vient de s'écouler. Les voyages ont été difficiles. Martine a évoqué l'idée d'un voyage cet été, dans un pays d'Afrique qu'elle affectionne tout particulièrement. J'ai vraiment envie de découvrir de nouvelles destinations, de me laisser guider par Martine dans les visites et les randonnées. C'est une marcheuse infatigable. Bientôt 65 ans et une forme olympique !

Tout est calme dans la maison. Ma petite-fille dort dans la petite chambre attenante à mon bureau et je l'entends parfois se retourner dans son petit lit. J'aime ce bruit. Parfois, je l'entends aussi soupirer dans son sommeil, ou gémir. Hier soir, elle a même chantonné au milieu de ses rêves. Me reviennent alors à la mémoire les souvenirs d'une autre enfant, une enfant qui fut la mienne, il y a longtemps. Ce soir, alors que le triste anniversaire de sa disparition approche, il me semble que c'était hier que je l'entendais se retourner dans son lit d'enfant.

mardi 23 mars 2010

Se ressourcer.

On peut se ressourcer de bien des manières. On peut se ressourcer chez soi, dans son cadre quotidien et familier. Il suffit de couper le téléphone, internet, le fil de la télévision. S'asseoir dans le jardin et contempler. S'asseoir dans un fauteuil et méditer quelques pages de la Bible.

J'ai passé le week-end seul dans ma maison et j'ai vraiment aimé m'y retrouver. Je n'ai rien fait de particulier. Le téléphone a sonné plusieurs fois, mais ne reconnaissant pas les numéros de mes enfants, je n'ai pas décroché. Je n'ai écouté que de la musique instrumentale, principalement la trompette de Chet Baker. Je n'ai pas entendu la voix humaine, pas même la mienne, sinon celle, intérieure, de la prière pendant plus de 48 heures. Cette retraite a été rompue lundi soir, par l'arrivée de Martine. Cela fait 6 mois maintenant que nous nous connaissons. J'apprécie la douceur avec laquelle elle a su entrer dans ma vie. J'apprécie la douceur avec laquelle elle me caresse les cheveux parfois alors que nous sommes l'un contre l'autre et que nous nous regardons sans rien dire, le sourire le plus bienheureux aux lèvres. J'apprécie la douceur avec laquelle, sans jamais être curieuse, elle découvre ma vie passée. J'apprécie la douceur avec laquelle elle parle au téléphone avec son fils. J'apprécie la douceur avec laquelle elle accomplit son difficile métier d'assistante sociale au sein d'un service consacré à la petite enfance. J'apprécie la douceur avec laquelle elle regarde la Nature, la Vie et la Croix en verre qui orne mon bureau.

jeudi 18 mars 2010

Cette semaine est pleine de surprises. Mardi, je me suis trouvé sans eau chaude et J est venu de la ville, après son travail, pour régler le problème. Je passe sur la catastrophe qui fut évitée de justesse grâce à un bon coup de molette. Mais J n'est pas passé tout seul. Mon plus jeune fils l'accompagnait. Ce fut une surprise totale, ne sachant pas quand il devait rentrer de reportage. Nous avons donc dîné tous les trois d'une quiche-salade concoctée par mes soins. Ils ont bien raillé mon incompétence à régler un chauffe-eau et je dois dire que les blagues à ce sujet n'ont pas fait défaut. Ils sont repartis tôt le matin.

Hier soir, c'est Martine qui était là. Elle m'a apporté des fleurs : des tulipes rouges. Depuis quand les femmes offrent des fleurs aux hommes ? Ai-je manqué un épisode ? J'ai trouvé cela tout à fait agréable, je dois dire. Ce fut une soirée et une matinée tout en douceur. A son image.