mercredi 30 décembre 2009

C'est vrai que je n'ai pas écrit depuis longtemps. Et je pense que je vais me faire de plus en plus rare. Beaucoup de choses se sont passées que je n'ai pas eu le temps ou l'énergie de relater. J'ai fait une retraite vraiment ressourçante. J'ai reçu ma famille pour le jour de Noël. Le soir du réveillon, une personne a frappé à ma porte avec une bouteille de champagne et un foie gras. C'était une surprise, un imprévu. Je n'avais pas passé une aussi belle soirée depuis très longtemps.

Je ne sais pas vraiment comment expliquer les choses. Il y a en même temps le désir de n'en pas trop dire et celui de raconter. Ce blog devrait servir à cela, mais je ne parviens pas avec la même facilité que certains à la narration d'épisodes intimes de ma vie. Ça viendra peut-être.

Le lendemain, mes enfants et ma petite-fille étaient tous réunis autour de moi. J'ai été très gâté. Quel beau Noël...

mardi 17 novembre 2009

Depuis quelques jours, je ne désire que Dieu. Je me réveille en prières et m'endors en prières. Cet état est une Grâce que je ne ressens pas souvent. Tout ce que je fais est tourné vers Lui.

Merci mon Dieu, je te rends Grâce pour cette insondable faveur qui m'est faite en ce moment. Merci d'avoir retiré le voile. Je sais que lorsque ce voile sera de nouveau entre nous, non pas qu'il m'empêche de Te voir, je saurai me souvenir de ce face à face éclatant.

vendredi 6 novembre 2009

Dimanche, j'ai rejoint un petit groupe de personnes dans un très bel endroit, en pleine campagne. C'était la deuxième fois que nous nous réunissions. Ce fut un moment plein de douceur. Nous avons fait une longue excursion, très lente. Le rythme de la marche est particulièrement propice à la conversation. Le froid n'a découragé personne puisque chacun avait pris soin de s'équiper en conséquence. Selon le rythme de chacun, les groupes se faisaient et se défaisaient. Ainsi, j'ai pu avoir un moment privilégié avec chacun des convives. La marche du groupe avait un but. Il fallait rejoindre une petite église perdue en pleine nature. Le silence fut alors total et l'église était plus belle et solennelle que je n'aurais pu l'imaginer. Nous sommes restés un long moment, chacun très profondément en soi-même. Même ceux qui n'ont pas la foi semblaient partis pour un ailleurs. J'ai longuement prié.

Le soir, autour d'un bon feu de bois, dans une maison très ancienne, nous avons dégusté une raclette géante. J'ai longtemps hésité avant de faire partie de ce groupe, des réticences et ma timidité me retenaient. Ce dimanche soir pourtant, j'ai été un homme très heureux au milieu de toutes ces personnes si différentes que lie une seule et même chose.


En écrivant ce petit compte rendu, je n'ai pas quitté l'écran des yeux et voilà qu'avec un point final je tourne la tête vers la fenêtre et que je vois l'obscurité par la fenêtre. Le soir est tombé brutalement.


Je suis allé allumer quelques lampes dans toute la maison. Ainsi, le chemin sera balisé, du bureau à la cuisine, de la cuisine au salon, du salon à la chambre. C'est l'heure où je souhaiterais distinguer dans les ombres du salon, la silhouette d'une femme étendue sur le canapé, lovée dans un de ces grands plaids en mohair. Une femme qui m'attend, qui me sourit et qui m'aime avec tendresse.

lundi 26 octobre 2009

Avec Georges, mon ami sinologue, nous avons arpenté les rues de la ville italienne. Au détour d'une charmante petite église, il m'a fait une confidence. Cela m'a beaucoup ému. D'abord parce que je lui ai paru digne d'être mis au courant, ensuite parce que la confidence concerne un domaine qui nous touche tous les deux. Le séminaire a été passionnant. Un étudiant était chargé de nous présenter un objet de la Renaissance. Paolo a été brillant, ce qui a confirmé mes intuitions à son égard. La jeune garde a bien du talent. Grâce à la profondeur de son questionnement, nous sommes partis sur le chemin des étoiles, sur des interrogations quant à la place de l'Homme dans l'univers. Dans la liste des propositions de travaux pour le séminaire, Paolo a choisi la plus difficile, mais sans doute la plus intéressante. C'est un ami chercheur qui m'avait mis sur la piste de cet objet, juste avant mon départ en retraite et j'avais bien regretté de ne pas avoir à travailler autour de lui. C'est chose faite.

Cette semaine, le séminaire fait une pause, alors je vais profiter de mon temps libre pour souffler un peu et partir pour Paris. J'irai chez mon fils et aussi chez un cousin de mon ex femme. Il s'appelle Henri et il vit à Versailles. Je pense que j'irai au château. Il y a longtemps que je ne me suis pas promené dans les allées du roi. J'ai rencontré Henri au cours d'un déjeuner de famille, il y a presque quarante ans. Le courant est tout de suite passé entre nous. Mon fils aîné l'aime beaucoup et le voit souvent. C'est d'ailleurs sous son influence qu'il a choisi une spécialisation en botanique. Henri est maintenant à la retraite. Il est veuf depuis quelques années. Le départ brutal de sa femme, départ que la décence ne me permet pas d'évoquer avec plus de précisions, fut un choc terrible pour cet homme. Cet événement a précédé de peu mon divorce et nous nous sommes beaucoup vus dans ces moments pénibles de notre existence. Il m'a aidé à remonter la pente. C'est lui aussi qui m'a encouragé à faire construire une maison avec l'argent de la liquidation des biens alors que je pensais donner cette somme à mes enfants et m'enterrer dans un studio au coeur de Paris.

Il est temps que je prenne la route. Elle sera longue.

mardi 20 octobre 2009

Mon ami Jacques m'a raconté un peu sa vie avec sa nouvelle compagne. Entre parties d'échec et promenades en forêt, j'ai eu droit à tous les détails, même et surtout ceux que je ne voulais surtout pas connaître. Le week end a passé vite, même si notre rythme fut lent. Je m'envole tout à l'heure pour l'Italie, comme chaque semaine, mais cette fois je ne voyagerai pas seul. Un ami de très longue date, que je ne vois pas très souvent, m'accompagnera. Il doit me retrouver tout à l'heure à l'aéroport. Je l'ai connu sur mon premier poste universitaire. Il est plus âgé que moi, mais en pleine forme. C'est un sinologue renommé, un retraité bien plus actif que moi. J'aime beaucoup ce grand Monsieur que je vois trop rarement. Il assistera à mon séminaire et le reste du temps, nous allons nous promener et visiter.

Je songe à une retraite spirituelle pendant les congés de Noël, la semaine avant les festivités. J'étudie des options en Italie et en Espagne. Tout dépendra des différents programmes proposés. Au téléphone, un membre de la famille de mon ex-femme, membre que je fréquente assidûment (même si...), m'a parlé de ce beau-frère que j'aimais beaucoup et que j'ai accompagné il y a quelques années, dans ses derniers moments. Je n'y avais pas pensé depuis longtemps, la dernière fois je crois, c'est l'évocation d'une expérience similaire qui m'a remis en tête cette douloureuse épreuve. Je pense très souvent à lui, je prie tout le temps pour lui, mais les derniers mois de sa vie, je n'y pense jamais. Or, il m'a fallu entendre certaines choses oubliées, comme sa régression physique, très impressionnante. Cette mort a marqué la famille. Elle fut atroce de douleur physique et morale. Une torture.

Peut-on finir une entrée par le mot "torture" ? Sûrement pas ! Vous qui me lisez, je vous souhaite beaucoup de JOIE et D'AMOUR !


vendredi 16 octobre 2009

Le temps a filé sans que je me rende compte de rien. Mercredi soir, l'amie qui s'occupe de sortir et de nourrir mon chien pendant mon absence m'a téléphoné pour me dire qu'elle avait un empêchement de dernière minute et qu'elle ne pourrait pas s'en occuper. Ce fut finalement assez simple de trouver un remplaçant grâce à la chaîne de solidarité lancée par un ami qui par ailleurs vient juste d'adopter un nouvel animal, c'est dire s'il se soucie du bien-être de nos amis les bêtes. Mon chien, chaque semaine, sera donc aux petits oignons dans le charmant appartement de la petite Marie. Je le poserai le mardi en fin de matinée et le reprendrai le jeudi en début d'après-midi. Merci encore d'avoir proposé cette solution ! Je vous en suis très reconnaissant croyez-le bien.


Le week end dernier, la réunion de famille fut une vraie réussite. Il y a eu un moment délicat. Mes fils m'ont posé beaucoup de questions sur leur mère, mon ex femme. Je n'étais pas très à l'aise pour raconter les circonstances de notre rencontre, notre vie avant leur arrivée. Ils ne m'ont jamais interrogé sur ce sujet. J'ai appris que leur mère refusait d'en parler, que cela était pour elle du passé et qu'elle ne voulait pas le "remuer". Ce qui fut une demande de leur part est devenu un devoir pour moi. Comment les laisser sans réponses devant ces questions que d'aucuns pourraient qualifier de futiles ? Alors j'ai ravalé mon orgueil de mâle blessé, trompé et abandonné et j'ai sorti les albums photos et les vieilles lettres jaunies. Nous avons bien ri et je me suis surpris à évoquer ces moments avec tendresse. Du passé bien révolu, donc du passé que l'on peut regarder droit dans les yeux, sans rougir, sans crainte.

Demain, mon ami Jacques vient passer deux jours avec moi. Sa compagne du moment est en famille je crois, il est seul et cela le terrifie. Je vais partir en courses. Il me faut du très bon whisky et de la viande rouge. Je vais encore me faire battre aux échecs, mais j'ai l'habitude et je suis bon joueur.

vendredi 9 octobre 2009

Je viens tout juste de rentrer chez moi à la campagne. Un paquet m'y attendait. Mon ami Jacques a déposé en mon absence un cadeau qui me fait un plaisir immense: un vinyle de collection que je viens de mettre sur la platine. Ella Fitzgerald chante dans toute la maison et j'ai l'impression qu'elle est assise sur mon canapé. C'est un disque de "ballads".

Je me suis habitué aux trajets et cela devient une routine qui peut être agréable quand les avions ne sont pas en retard ou annulés. Mercredi, après le séminaire, je suis allé faire des courses pour la première fois depuis le début des cours. Paolo, cet étudiant dont j'ai déjà parlé, m'a conseillé plusieurs épiceries. J'ai trouvé de l'huile à la truffe blanche, du "lardo di colonnata" (qui a déjà goûté cette merveille ?), de petits biscuits "amaretti", de la farine de pois chiche, de très bonnes olives marinées, et un mélange de cafés qui a été moulu devant moi et que j'ai hâte d'essayer. Demain, mes enfants arriveront, qui de Paris, qui de l'autre bout du monde pour remplir ma fin de semaine d'amour, de joie et de rires. Je servirai un grand apéritif italien, suivi d'un grand plat de pâtes fraîches à la sauce tomate. Je vais préparer un tiramisù et les amaretti seront parfaits pour le café de fin de repas et le thé de 5 heures. Deux très belles journées en perspective.